Le temps d’un café ☕

Olivier Garceau

Le temps d’un café du mois de mai vous présente Boreal Ventures, le fonds d’amorçage dédié au financement des entreprises québécoises spécialisées en haute technologie/technologie de pointe et sciences appliquées.

Découvrez le processus lorsque l’on investit dans le savoir-faire technologique québécois au niveau du capital d’amorçage!

Étant appuyé par le Centech, ce fonds de 35M$ finance la croissance des entreprises deeptech et vise à bâtir des ponts avec les investisseur⸱e⸱s locaux·ales et internationaux·ales afin de devenir un partenaire de choix dans l’écosystème canadien.

Ayant un accès privilégié aux compagnies du Centech, Boreal Ventures voit une occasion de jouer un rôle de premier plan dans le financement et le support d’entreprises innovantes. En soutenant les entreprises dès leur amorçage, le fonds vient combler l’écart qui existe dans la chaîne de financement et ainsi participer à la création d’un écosystème prospère qui aura des retombées tant au niveau technologique qu’humain.

Pour les entrepreneur⸱e⸱s qui ne sont pas familier·ère·s avec le terme, peux-tu expliquer ce qu’est le capital-risque et comment cela peut aider les startups à se développer?

 

« Je commencerai en mentionnant que des capitaux de risque, c’est des capitaux privés, et non pas des capitaux publics. On joue avec des fondations qui sont moins disponibles pour investir dans les marchés privés. Ce qui distingue le capital de risque des autres types de financement, c’est le risque, évidemment. Généralement, comme le nom l’indique, ce sont des investisseur⸱e⸱s qui sont prêt⸱e⸱s à prendre un risque un peu plus grand pour obtenir un retour encore plus grand.

 

Ce que ça veut dire, c’est qu’on s’attend à un business qui a le potentiel de croître très vite, qui va avoir un événement de liquidité, soit une acquisition, une offre publique initiale ou un rachat d’actions… Donc les investisseur⸱e⸱s ont cet objectif de sortie. Iels doivent sortir de leurs positions, contrairement à d’autres types d’investissement.

 

Puis, il y a ce désir-là de réinvestir et de prendre de l’actionnariat dans l’entreprise, contrairement à d’autres types de financement, comme des subventions ou de la dette par exemple. La croissance, la rapidité et les événements de liquidité sont les éléments qui distinguent le capital de risque. En échange, les investisseur⸱e⸱s prennent des parts dans l’entreprise, un peu comme dans l’émission Les Dragons. »

Lorsque vous examinez une proposition de financement de démarrage, qu’est-ce qui attire votre attention en premier?

 

« L’équipe, c’est super cliché. Reste que, c’est l’élément le plus marquant, surtout au stade où l’on investit. En tant que capital de risque, on investit dans les entreprises en amorçage. Souvent, c’est une équipe entre 2 et 15 personnes, qui a généralement un business qui génère moins d’un million de chiffre d’affaires. C’est une entreprise en adaptation qui est en train d’identifier son marché de produit. Donc, il y a peu d’éléments robustes sur lesquels on peut s’appuyer. Dans ces cas-là, ce que l’on essaye de comprendre, c’est l’ampleur de l’appétit du marché et de quelle façon l’équipe est-elle mieux outillée qu’une autre pour résoudre cette problématique.

 

Souvent, ça va se manifester dans le bagage d’expériences. Par exemple, quelqu’un qui a travaillé pendant 25 ans dans le domaine, qui a vécu le problème de sa propre expérience, quelqu’un qui a vendu des entreprises avant d’en partir une autre, un opérateur qui a montré qu’il était capable de faire grandir des entreprises… Ce sont des éléments qui viennent corroborer la capacité des fondateurs et fondatrices à propulser un business.

 

Il y aussi la complémentarité de l’équipe. On pense souvent au·à la classique fondateur⸱trice en technologie et son·sa fondateur⸱trice en affaires. En réalité, en deeptech, ce n’est pas aussi simple que ça. Évidemment, tu vas avoir besoin, par exemple, d’un profil d’ingénieur, d’affaire, technologique, scientifique ou encore médical… Ce sont des éléments qu’on veut voir en place et qui viendront prouver l’adoption de la technologie. On ne regarde pas uniquement l’équipe dans son sens propre, mais également dans le sens synergique du terme.

 

De plus, il y a l’appétit du marché. On a une technologie intéressante et on la suspecte pertinente pour XYZ client·e. Il n’est pas toujours clair d’identifier ce que ces client⸱e⸱s recherchent. C’est ce qu’on appelle un market pull versus un tech push.

 

Dans un tech push, on a une solution qui cherche son marché. Souvent, ça manque d’adhérence du côté des client·e·s. Quoi de mieux comme validation de marché qu’un·e client·e qui a un appétit pour une solution? Dans ces moments-là, les investisseur·e·s veulent payer pour la solution.

 

Un market pull, c’est quand les client·e·s demandent pour une solution, que celle-ci est adaptée au marché mais qu’il y a une certaine misère à subvenir à la demande des client·e·s. Ça, c’est le type d’indicateur et de signaux qu’on cherche quand on investit dans un business. On se concentre sur l’équipe la mieux outillée et le modèle d’affaire qui semble être le plus évolutif. »

En tant qu’investisseur, quel est l’aspect le plus gratifiant de votre travail avec les startups en développement?

 

« C’est une bonne question! Un peu comme le reste de l’équipe du Centech; on a toutes et tous cette curiosité-là d’être exposé·e à l’innovation. Personnellement, j’aime beaucoup les early stage. Quand je dis early stage, je veux dire les innovations qui sont assez jeunes. C’est gratifiant de travailler avec des entrepreneur⸱e⸱s.

 

Pour prendre un exemple concret, on a clôturé récemment une transaction. De fil en aiguille, on s’est développé une certaine expertise dans le marché, ce qui nous mène à des opportunités comme celle-ci. C’est une entreprise qui cherchait du financement et qui rencontrait des murs, étant donné que les investisseur·e·s comprenaient mal et peu leur secteur.

 

Quand on a rencontré l’équipe, on connaissait et comprenait déjà le domaine. Non seulement parce qu’on a vu et investi dans beaucoup de business de ce secteur mais aussi parce qu’on a un réseau qui est capable d’ajouter de la valeur à notre investissement et à l’entrepreneur·e. Dans ce cas-là, on a pu présenter des aviseurs qui les ont aidés à revoir leur stratégie de mise en marché. Ça a amélioré leur pitch et leur modèle d’affaires.

 

On a aussi des investisseur⸱e⸱s dans notre fonds qui sont également entré·e·s comme des investisseur⸱e⸱s privé⸱e⸱s dans le business de Boreal Ventures. On a donc pu agir avec encore plus de capitaux que ceux de Boreal. Ça a créé un conseil consultatif qui a mené à une giga valeur ajoutée via les introductions qui ont été faites. Le conseil consultatif a permis de revoir le modèle d’affaires dans son entièreté et on semble avoir trouvé une niche qui est super intéressante. Les entrepreneur⸱e⸱s sont emballé⸱e⸱s, tout comme nous sommes emballés par cette opportunité plus grande que ce qu’on pensait. En plus d’agir comme investisseur, on a eu une ronde de financement avec du sur-abonnement, ce qui veut dire qu’on a eu 2 fois plus d’engagement que ce qu’on voulait aller chercher. On voit que l’appétit est là.

 

Une fois que tout ça est relié ensemble, c’est là que je sens que j’ajoute de la valeur et que celle-ci est réciproque. On a pu faire des introductions aux bonnes personnes, aux bons aviseurs, aux bon·ne·s investisseur⸱e⸱s, et c’est ce qui met la table pour les prochains mois.

 

Je dirais que, le mot connexion, c’est le bon terme pour parler globalement de ce qui est gratifiant dans mon travail. Pouvoir mobiliser un réseau autour d’un but commun où toutes et tous enrichissent mutuellement le réseau en question, c’est très avantageux pour tout le monde. Créer ces liens, ça vient ajouter de la valeur, et même si ce terme est surutilisé, c’est ainsi qu’on ressent la gratification dans notre travail. »

 

 

 

 

 

Si vous pouviez investir dans une entreprise qui n’existe pas encore, mais que vous rêvez de voir devenir réalité, quelle entreprise serait-ce?

 

« Moi, je suis un passionné des technologies de la santé. J’ai un rêve ultime où toutes les plateformes de santé sont connectées. On voit des initiatives de startups qui essaient, mais, en réalité il n’y en a pas une qui réussit à le faire complètement. L’envergure du domaine de la santé conduit à nombre difficilement mesurable d’incitatifs et de gens à impliquer. Cela met des bâtons dans les roues aux initiatives de plateformes de santé connectée.

 

Ce que j’aimerais, c’est avoir une espèce de bilan, un état de santé en temps réel à travers tous les biomarqueurs et les paramètres. Imaginez avoir accès à notre niveau d’insuline en temps réel et à des suggestions proactives pour une épicerie qui respecte ces niveaux. Je crois qu’il y a une énorme valeur à connecter les applications existantes en lien avec la santé (nutrition, sport, suivi, conseils, météorologie…) entre elles.

 

Avec l’IA générative, cela permettrait cette interaction entre les solutions et l’humain.

 

C’est une combinaison entre mes valeurs personnelles et les startups qu’on côtoie en tant qu’investisseur. Il y a un lien direct avec notre rôle de créateur de valeur à l’aide de mise en relation. »

 

 

 

Communications – Centech

Mélina Cyr St-André

melina.cyr-st-andre@centech.co

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